|
|
![]() |
||||||||||||||||||
| Par Patrick Bérhault | |||||||||||||||||||
|
|||||||||||||||||||
![]() |
|||||||||||||||||||
| Partie 2 Voie Desmaison aux Jorrasses | |||||||||||||||||||
| La cavale de Patrick Bérhault et Philippe Magnin | |||||||||||||||||||
| Nous avions laissé nos fugitifs au Grimsel, où ils troquaient leurs vélos pour des skis afin de rejoindre Grindelwald. Là l'Eiger fait la tête. Une entorse au célèbre accueil helvétique...Une reconnaissance rapide les mène sur de la neige plaquée solide qui recouvre la Difficile Fissure et la Traversée Hinterstoisser. Piolet-traction contre escalade, l'échange leur paraît favorable... Lundi 4 décembre, ils débutent l'escalade, très tôt. Dans l'après-midi, ils sont déjà dans la Rampe, aux deux tiers de la voie. Invisibles. L'avion qui emmène les photographes revient bredouille... Le lendemain, attente.. Chez les copains, on tourne en rond. A la vitesse où ils grimpent d'ordinaire, on devrait avoir des nouvelles. Fin de matinée, enfin, le téléphone sonne. Magie du mobile ! Ils sont dans l'Araignée, le dernier névé suspendu de la paroi, juste avant les fissures de sortie, d'assez mauvaise réputation lorsqu'elles sont enneigées. Ils bataillent dur, depuis l'après-midi de lundi, à travers des bouchons de neige qui obstruent toutes les fissures. Ils sortiront vers 16 heures. Patrick Bérhault, ce mardi, est en train de gagner son pari de traverser les Alpes. La traversée de la Vanoise, puis des Ecrins, enfin des Alpes du Sud, ne lui opposeront pas la même résistance que les "Trois Derniers Problèmes des Alpes", même si la Grande Casse ou la Meije constituent de beaux obstacles. désormais, le Niçois a la Méditerranée en ligne de mire, et peut rêver au moment où il troquera les godillots pour des espadrilles. Mais qu'est-ce qu'on va raconter, nous, quand ce sera fini ? | |||||||||||||||||||
Bérhault's travel : et toc, les Jorasses ! Sautant sur un court créneau météo, Patrick Bérhault et Philippe Magnin, débarqués à pied de Grindelwald où ils attendaient une hypothétique amélioration des conditions sur l'Eigerwand, ont réalisé un rapide parcours de la voie Desmaison-Gousseault aux Jorasses. Opportunistes, mais réalistes, comme on dit à propos des (bonnes) parties de foot, ils ont commencé leur ascension le mardi 24 octobre dans un temps très moyen, pour finir mercredi 25 à 19 heures juste avant une nouvelle aggravation du temps. Après un bivouac à la descente sur les Rochers du reposoir, ils ont rejoint Courmayeur. Prochaine étape : face sud du mont Blanc, avant un retour à la case départ : Eigerwand, via le Cervin... Et à la clé la première traversée des Alpes avec un tour complet sur soi-même*. Allez, encore un petit effort, on voudrait un triple salto avec coup de pied à la lune ! *Quoi que..., quoi que..., comme dirait Devos... Les grimpeurs soient assez familiers du tour d'eux-mêmes... La Transat en double de Bérhault Nous avions laissé Patrick Bérhault à la descente des Grandes Jorasses, qu'il venait d'escalader par la voie Desmaison, en deux jours seulement avec le rapide Philippe Magnin, un guide originaire d'Evian. L'étape suivante prévoyait le mont Blanc, par une voie du versant italien. Par d'aussi piteuses conditions météo, on y trouve de nombreux itinéraires glaciaires éphémères, qui profitent de ces tempêtes d'arrière-saison pour offrir, quelques jours durant, leur rêve givré aux alpinistes assez malins pour deviner leur praticabilité. Et assez rapides pour les gravir dans un créneau de beau temps toujours trop court. Nos deux gaillards ont jeté leurs piolets sur l'Hyper-Couloir, une très belle coulée de glace (extrême, bien sûr!) ouverte par Patrick Gabarrou et Pierre-Alain Steiner en 1982. Le mauvais temps ne leur a laissé qu'un court répit avant d'ensevelir à nouveau les Alpes, hypothéquant la suite du programme, que les deux grimpeurs attendent avec impatience : Cervin, Eiger. Patrick Bérhault : galop dans les Dolos, obstacle en Oberland... Patrick Bérhault est parti fin août pour un un projet qui lui tenait à cour depuis longtemps : la traversée des Alpes de la Slovénie à la Méditerranée. Avec son complice Patrick Edlinger, il a traversé les Dolomites par quelques-unes des plus belles parois de ce massif : cima Grande et cima Ovest di Lavaredo, Marmolada, Civetta. Les deux Patrick avaient auparavant escaladé le Triglav avec Tomaz Humar, l'auteur de la face sud du Dhaulagiri l'an dernier. Dans le Bergell, le mauvais temps engloutit la face nord du Badile, des dalles où la neige adhère toujours facilement. Patrick a donc opté pour une voie mixte sur le Cengalo, avant de rejoindre Grindelwald sous la pluie. Objectif : la directissime Harlin. La face nord disparaît sous une épaisse couche de neige. Après avoir opté pour l'attente de meilleures conditions, Patrick et Philippe Magnin se sont mis en route (façon de parler : ils sont toujours à pied !) pour Martigny, où ils feront leur choix d'ascension dans le massif du Mont Blanc en fonction des conditions. Ils reviendront en Oberland plus tard, via le Val d'Aoste et le Cervin. L'aventure, c'est l'aventure, et elle risque de durer.. |
|||||||||||||||||||