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Juin 2006. NONO (Arnaud Boudet) et MARTIAL (Martial Dumas) au Mexique. VIDEO - TOPO Merci à Petzl, Eider |
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Après la saison d’hiver le besoin de vacances se fait sentir, nous décidons avec Nono de partir grimper au Mexique, il y a là bas une face démente, El Gigante. Arrivé à Basaseachi Nono est en transe, que des vieux pick-up déglingués, des bottes et de la poussière. Rapidement nous faisons connaissance avec Hector qui nous conduit au Ranch San Lorenzo puis nous commençons lentement à nous immerger dans le milieu, Ramon le gardien du ranch nous accueil avec un carton de bières, nous explique comment il se protège des serpents à sonnette à l’aide du colt qu’il a à côté de lui et fini par nous dire que AC/DC est le meilleur groupe du monde. Après quelques jours de grimpe et de repos aux alentours du ranch, Hector notre nouvel ami nous conduit à Huajumar où nous allons faire connaissance avec Santiago. Santiago est un homme très respecté, il connaît le canyon comme sa poche, nous lui expliquons que nous voulons grimper El Gigante et que nous aurions besoin de ses services pour nous rendre au pied de la face. Il ne parle pas beaucoup, mais nous donne rendez-vous demain à 6h00 et nous indique un emplacement pour mettre la tente. La journée est bien entamée, les sacs sont prés et nous nous reposons au campement. Au loin nous distinguons une silhouette qui se dirige vers nous, la démarche tranquille, un chapeau blanc vissé sur la tête, c’est Santiago qui arrive. Nous commençons à discuter, à plaisanter, échangeons nos cigarettes, les packs de Tecate (bière mexicaine) défilent à tout allure, l’ambiance est vraiment…mexicaine. Il est 6h00 du matin quand Santiago arrive à notre tente une machette à la main et une clope au bec. « Vamonos ». Accompagnés de son fils nous entamons la marche vers El Gigante. Les pauses sont l’occasion de discuter un peu, d’apprendre à mieux se connaître. Ils nous explique pourquoi il y a un poste militaire à côté de Basaseachi … en fait nous sommes au cœur même d’une zone de trafic et de culture de marijuana et de coca, des hélicos survolent même le canyon afin de repérer les plantations pour pouvoir les détruire. Quelques heures plus tard nous arrivons au camp de base, c’est superbe, nous sommes au bord d’une belle rivière, et il y a même une source. Nous faisons le point avec Santiago concernant notre retour après l’escalade. Il nous explique comment rejoindre une piste depuis le sommet, il faut marcher environ une heure puis un pick-up viendra nous récupérer dans trois jours à 17h00. Une fois seuls au camp nous remplissons les bouteilles d’eau , et chargeons les sacs avec le matos de grimpe pour pouvoir faire un portage au départ de la voie et être prêt pour le lendemain. Au camp l’ambiance est extraordinaire, nous sommes seul dans cet immense canyon, aucun bruit, et face à nous une paroi magnifique et du beau libre en perspective. Le premier jour est difficile, l’escalade est exigeante et très technique, nous avons sous-estimé la difficulté de la voie. Les pieds ont gonflés avec la chaleur, c’est l’horreur mais quel bonheur de se poser sur le ledge, nous profitons du calme et de la chance que nous avons d’être là perdu au milieu de nul part. Le deuxième jour est encore plus dur, les longueurs dures s’enchaînent, on se met quelques bons combats dans des passages bien obligatoire où les spits sont bien loin, mais bon on l’a bien cherché ! Nous installons le ledge au pied de la « diarrhée noire », la deuxième longueur de 7c+ de la voie. Nono, les mains pleines de chorizo regarde avec soucis cette longueur qui l’attend pour le réveil. Dernier jour dans la face, « la diarrhée noire » est torchée, nous avons fait des longueurs démentes avec des trous comme à Buoux. Au sommet c’est la pause puis après une heure de randonnée nous arrivons sur la piste, Santiago est là comme promis, nous montons dans la benne et en route pour Pueblo Huajumar, 3 heures de 4X4 seront nécessaire pour le retour. Arrivés au village Santiago nous invite chez lui, nous offre un super repas arrosé comme il se doit de quelques litres de Tecate, puis une fois bien inspiré il sort sa guitare et se met à chanter, un super moment. Tard dans la soirée, Nono et moi, peut être un peu trop inspirés nous nous glissons dans nos duvets pour une bonne nuit de sommeil, Santiago en pleine forme du haut de ses 70 ans continuera la fête au village jusque très tôt le matin. |
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